Obésité et surpoids
21 janvier 2010 · Commenter
L’article ci-dessous a pour but de définir le surpoids et de l’obésité, discuter des causes et des conséquences de l’obésité et des stratégies à mettre en place pour en réduire la charge1.

Définition du surpoids et l’obésité
L’obésité se définit comme un excès de masse grasse, « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé » pour reprendre la définition de l’OMS2.
Cette masse grasse est « normalement » de 10 à 15% chez l’homme et de 15 à 25% chez la femme.
Dans la pratique l’indicateur le plus couramment utilisé pour estimer le surpoids et l’obésité est l’indice de masse corporelle (IMC), Body Mass Index en anglais (BMI). L’IMC est une mesure simple du poids par rapport à la taille. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2.

L’OMS définit le surpoids comme un IMC égal ou supérieur à 25 et l’obésité comme un IMC égal ou supérieur à 30.
| Corpulence | IMC (kg/m2) |
| Maigreur | <18.50 |
| Moyenne | 18.50 – 24.99 |
| Surpoids | ≥25.00 |
| Obèse | ≥30.00 |
| Obèse classe I | 30.00 – 34-99 |
| Obèse classe II (obésité sévère) | 35.00 – 39.99 |
| Obèse classe III (obésité morbide) | ≥40.00 |
L’IMC est à considérer avec précautions, il se base en effet principalement sur une population de type européen. Cet indice n’est donc pas applicable à d’autres types de population. Les asiatiques, les africains ou encore les océaniens présentent des indices de masse corporelle différents de ceux des populations européennes.
Les nouvelles normes OMS de croissance de l’enfant publiées en avril 2006 comprennent des courbes de l’IMC pour les nourrissons et les enfants jusqu’à l’âge de cinq ans. Il est toutefois difficile de mesurer le surpoids et l’obésité chez les enfants de 5 à 14 ans car il n’existe pas de définition universelle de l’obésité de l’enfant. L’OMS est en train de mettre au point une référence de croissance internationale pour les écoliers et les adolescents.
Il existe également d’autres indicateurs de surpoids : le rapport tour de taille/tour de hanches. Il doit être inférieur à 1 chez l’homme et à 0,85 chez la femme.
Il faut aussi savoir que la masse de graisse se répartit différemment chez les hommes et les femmes. Elle représente 10 à 15 % du poids corporel de l’homme et 20 à 25 % du poids de la femme. Elle s’accumule généralement sur l’abdomen et le thorax chez l’homme, sur les hanches et les cuisses chez la femme.

Le surpoids et l’obésité en quelques chiffres
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D’après les dernières estimations mondiales de l’OMS pour 2005 :
- environ 1,6 milliard d’adultes (âgés de 15 ans et plus) avaient un surpoids ;
- au moins 400 millions d’adultes étaient obèses.
L’OMS prévoit en outre que d’ici 2015, quelque 2,3 milliards d’adultes auront un surpoids et plus de 700 millions seront obèses.
Au moins 20 millions d’enfants de moins de cinq ans avaient un surpoids en 2005.
En France, en 12 ans, le poids moyen des Français a augmenté de 3,1 kg (72 kg en 2009) alors que leur taille moyenne a progressé de 0,5 cm (168,5 cm). Ainsi, l’Indice de Masse Corporelle moyen (IMC) a progressé de 1 kg/m2, passant de 24,3 kg/m2 en 1997 à 25,3 kg/m2 en 2009.
Leur tour de taille moyen a suivi la même évolution : il a augmenté de 4,7 cm, passant de 85,2 cm à 89,9 cm.
En 2009, 14,5 % des Français sont obèses (8,5 % en 1997) et 31,9 % sont en surpoids (29,8% en 1997).
Si la prévalence de la population en surpoids est relativement stable , celle de l’obésité continue de progresser. L’augmentation est régulière à un taux d’environ 0,5% par an, ce qui est le niveau moyen des taux d’accroissement observés chez nos voisins (0,2% aux Pays-Bas à 0,9% au Royaume-Uni).
En extrapolant ces résultats à l’ensemble de la population adulte, il y aurait en France environ 6,5 millions d’adultes obèses, dont environ 3 millions de nouveaux obèses depuis 12 ans3.
Autrefois considérés comme des problèmes propres aux pays à haut revenu, le surpoids et l’obésité augmentent de façon spectaculaire dans les pays à faible ou moyen revenu, surtout en milieu urbain.
Les causes de l’obésité et du surpoids
La cause fondamentale de l’obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées.
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La fréquence de plus en plus grande de l’obésité et du surpoids dans le monde est due à plusieurs facteurs, dont :
- un changement d’alimentation observé à l’échelle mondiale : une plus grande consommation d’aliments très caloriques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines, en minéraux et autres micronutriments et;
- la tendance à faire moins d’exercice physique en raison de la nature de plus en plus sédentaire de nombreuses formes de travail, de l’évolution des modes de transport et de l’urbanisation.
Quelles sont les conséquences les plus fréquentes du surpoids et de l’obésité ?
Le surpoids et l’obésité entraînent de graves conséquences pour la santé. Les risques augmentent progressivement avec l’IMC.
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Un indice de masse corporelle élevé est un important facteur de risque de maladies chroniques comme :
- les maladies cardiovasculaires (principalement cardiopathie et accident vasculaire cérébral), qui sont déjà la première cause de décès dans le monde (17 millions de morts par an) ;
- le diabète, qui a rapidement pris les proportions d’une épidémie mondiale. L’OMS prévoit que les décès dus au diabète augmenteront de plus de 50 % dans le monde au cours des dix prochaines années ;
- les troubles musculo-squelettiques, en particulier l’arthrose.
- certains cancers (endomètre, sein et colon).
L’obésité de l’enfant est associée à un risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte.
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Nombre de pays à faible ou moyen revenu sont aujourd’hui confrontés à une double charge de morbidité :
- Alors que les maladies infectieuses et la dénutrition continuent de sévir, les facteurs de risque de maladies chroniques comme l’obésité et le surpoids augmentent rapidement, surtout en milieu urbain.
- Il n’est pas rare de constater à la fois dénutrition et obésité dans un même pays, dans une même communauté voire dans un même ménage.
- Cette double charge tient à une mauvaise nutrition du fœtus, du nourrisson et du jeune enfant, à la consommation d’aliments riches en graisse, très caloriques mais pauvres en micronutriments et au manque d’exercice physique.
Comment réduire la charge du surpoids et de l’obésité ?
Le surpoids et l’obésité, ainsi que les maladies chroniques dont ils sont la cause, peuvent en grande partie être évités.
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Chacun peut veiller à :
- équilibrer son apport énergétique pour conserver un poids normal ;
- limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses et consommer moins de graisses saturées pour privilégier les graisses non saturées ;
- consommer davantage de fruits et légumes, de légumineuses, de céréales complètes et de noix ;
- limiter sa consommation de sucre et;
- faire davantage d’exercice physique, au moins 30 minutes d’exercice régulier d’intensité modérée presque tous les jours. Des efforts plus intenses sont parfois nécessaires pour éviter de prendre du poids.
La mise en œuvre de ces recommandations demande un engagement politique permanent et une collaboration entre de nombreux acteurs des secteurs public et privé. Les pouvoirs publics, les partenaires internationaux, la société civile, les organisations non gouvernementales et le secteur privé peuvent tous contribuer de façon essentielle à créer un environnement sain et à rendre financièrement abordables et facilement accessibles les produits nécessaires à une bonne alimentation. Ce dernier point est particulièrement important pour les membres les plus vulnérables de la société – les pauvres et les enfants – qui ont peu de choix concernant la nourriture qu’ils consomment et l’environnement dans lequel ils vivent.
Les progrès sanitaires pourraient être plus rapides partout dans le monde si l’industrie agro-alimentaire cherchait à réduire la teneur en graisse, en sucre et en sel des aliments préparés et la taille des portions, à proposer des produits innovants, sains et nutritifs et à revoir les pratiques actuelles de commercialisation.